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Histoire de Laperrière-sur-Saône

GÉNÉRALITÉS
Le traité de Verdun (843) avait fait de la Saône un pays frontière entre la France et l'Empire. C'est de cet acte que dépend par la suite toute l'histoire de la région et la position particulière qu'auront Laperrière et Chaussin. En effet, situés en territoire d'Empire (l'église dépend de l'archevêché de Besançon) et en comté d'Amaous (les Amaves et les Chamaves : tribus francques installées sur la rive gauche de la Saône entre Verdun et Gray par l'empereur romain Constance), très tôt, les Ducs prennent le pas sur les Comtes de Bourgogne en contrôlant les deux rives de la Saône par des achats (Auxonne 1237) et par des inféodations (Chaussin). Ces territoires formeront ce qui s'appellera le Comté d'Auxonne ou terres d' « Outre Saône » qui auront un parlement particulier à St-Laurent-les-Chalon pendant le Moyen Age. Les guerres permanentes ou presque entre les Ducs et les Comtes de Bourgogne poursuivies par celles du roi de France et de l'empereur obligeront les partis à des traités qui auront tous une mention spéciale pour ces pays au statut incertain. De cette situation naîtront deux baillages indépendants de Laperrière et Chaussin dont les possesseurs seront longtemps les mêmes. C'est l'intérêt stratégique et la politique qui détermineront la liste des propriétaires. Les Ducs ayant cédés Laperrière en 1360 durent le racheter trois ans plus tard pour cause de guerre. Donné à la Duchesse de Savoie, tante de François Premier et de Charles Quint, Laperrière sera temporairement tenu par les gouverneurs de la Bourgogne ; le Duc de Bellegarde, le Prince de Condé). Seul le rattachement de la Franche-Comté à la France laissera le marquisat à une famille seigneuriale particulière, les Lamy : les précédents propriétaires au XVIe siècle ayant eu des difficultés pour en jouir. A partir de cette époque les documents sont plus nombreux. La population réintègre peu à peu le marquisat après le désastre de 1636 jusqu'à la révolution. Le marquisat se divise peu à peu par les partages et ventes des Lamy dont la fortune vacille après 1750. Un nouveau village naît en 1680, St-François.  C'est l'expansion jusqu'à la prise du pouvoir par les paysans et la révolution. C'est une époque de modernisation et le grand projet de construction du canal du Rhône au Rhin va se concrétiser. Il n'apportera qu'un peu de travail aux manœuvriers. La révolution se fera comme partout : un peu de terre à redistribuer et puis le XIXe siècle changera les laboureurs en cultivateurs et les manouvriers en... manouvriers. Un peu plus d'artisans, un peu plus de richesses jusqu'au XXe siècle et l'exode rural. C'est que la mécanisation de l'agriculture et l'industrialisation vont transporter les manouvriers en ville où ils seront ouvriers. Aujourd'hui les paysans doivent se transformer en entrepreneurs et s'intégrer dans des multinationales.

ORIGINES
La toponymie prouve que le défrichement est récent, du moins pour une grande partie du territoire du marquisat. St-Seine est en « Bauche », ce qui signifie bois en gaulois. Samerey dû être l'objet d'un partage au Moyen Age en zones défendues de défricher (bois du Deffend) et en zones réservées aux roturiers (bois des Rotures) au moment de la création de l'Abergement-la-Ronce (zone à déboiser). Du moins c'est ce qu'on peut envisager. A Laperrière-le-Chagnet avançait jusqu'au parc du château. A St-Symphorien se trouve un bois « deffendu ». Existent dans les villages, des petits bois épars et des essarts et topes (essarts Fleury à Laperrière, Tope de Bauche à St-Symphorien) qui sont des zones nouvellement mises en culture dont la plus importante est St-François défriché au XVIIe siècle. L'importance du bois est capitale pour la région, c'est le financement des municipalités qui en dépend. Cette forêt s'est formée après la disparition du « Lac Bressan » au paléolithique laissant une couche d'argile et de nombreux lacs et étangs dont ceux du Milieu et de Laillon ; celui de St-Seine qui ressemble plus à un marais lors de sa disparition. De nombreuses
« vesvres » comme à St-Symphorien celle qui entoure la Mare d'Acier ou le chemin de la « varvotte » à Laperrière. Pour assainir le terrain, on a creusé des noues dans les prairies. Une noue sert de frontière à Samerey. Des fossés entre les trois étangs ont été creusés et prolongés jusqu'à la Saône. Des « terraillons » consolidaient encore au Moyen Age les buttes retenant les eaux des étangs de Laillon et de St-Seine. La leviotte de St-Seine où, dès cette époque, on trouve une ferme est sans doute l'endroit par où passait la route entre ces marécages. Quant aux habitants, des lieux-dits comme « les vielles loges » à Laperrière et « le village » à St-Symphorien prouvent l'existence d'autres lieux habités. Il y aura de véritables hameaux, plus tard, en bordures des bois des Rotures à Samerey ou de « Bauche » à St-Symphorien ; formés par les bûcherons. Quant aux noms des villages : St-Seine et St-Symphorien sont deux saints. Laperrière signifie carrière de pierre... La pierre utilisée dans le pays vient de Champvans et le château était en briques !... Samerey est dérivé d'un nom d'homme gallo-romain « Samarius » : propriétaire d'une villa locale ?

ANTIQUITÉ
Quelques traces à :
Laperrière : le répertoire d'archéologie de 1872 de la commission des antiquités signale : « A l'est du village des tuiles à rebords, des poteries et des verroteries ». Samerey : commission des antiquités : « aux Grands Montmillauds se voient des fragments de tuiles et de poteries romaines, et aux petites rotures des substructions en briques ». St-Symphorien : extrait d'une étude de Feuvrier sur les routes antiques (1920) : « Au lieu-dit coupis Delaitre reste d'une forge de l'époque gallo-romaine nombreux culots de poteries, tuileaux... ». St-Seine-en-Bâche : une enquête des autorités recopiée par le maire en 1840 rappelle que les traditions avaient la vie dure. Après avoir signalé les restes de la voie romaine, le maire écrit : « le propriétaire d'un terrain situé près du cimetière du village à l'occident trouva à là profondeur de 1,83 mètre les ossements d'un cadavre conservé... ce qui fait présumer au propriétaire que cet endroit avait dû être une redoute ou retranchement du temps des romains... Le terrain appartient à la commune depuis 1838 et sert de verger au presbytère... A 600 mètres du. village on trouve des tuiles, des briques, des fragments de chaux à ciment d'une dureté très grande qui annoncent que dans cet endroit il y a existé des constructions. Les anciens s'accordent à dire que sur le rapport de leurs ancêtres il y était un ancien couvent qui a été habité par le patron de la paroisse nommé St-Seine (meix chaumelle : chaumelle = verger en patois)... A côté des « Poils Rouges » où le cultivateur rencontre une infinité de briques, de tuiles, de ciment et de pierres... Au Pré Martenot (30 m au nord du cimetière on a trouvé environ 30 carreaux rouges en terre cuite... Aux « Poils Rouges » traces de mur... ». Il signale aussi trois sarcophages sous le clocher de l'église ce qui semble accréditer la légende. Il faudrait dater ces restes et procéder à des fouilles pour y voir plus clair.

VOIES ROMAINES
On en trouve deux qui semblent se croiser entre Laperrière et St-Symphorien. « Au cours de la séance de la commission des antiquités de la Côte-d'Or du 17 janvier 1951, MM. Baudard et Moreau décrivent une partie de l'ancienne voie de Tavaux à la Saône, qu'ils ont repérée sur le territoire de Laperrière et sur ceux de St-Symphorien et de Samerey. Ce tronçon s'aperçoit encore nettement dans les bois de la Bauche et du Chagnet. Il traverse le canal du Rhône au Rhin au moulin de Laperrière, puis la Saône, d'où il oblique vers le nord, franchit la route d'Echenon aux Maillys et le Rhenot. Il se dirige vraisemblablement vers Dijon. Il est constitué par une couche de graviers de 10 cm d'épaisseur et mesure 7 à 8 m de largeur ».

PASSAGE SUR LA SAONE
Extrait de Jean Feuvrier : « Pour Paul Jobard (enceintes défensives dans la Côte-d'Or), c'est à Mailly-le-Port, l'endroit de la rive droite où elle (la « voie romaine ») aboutissait de notre côté, étant donné la direction qu'affecte la route à travers la forêt, nous pensons que le passage de la rivière avait lieu... très probablement à la pointe d'aval de l'île sur laquelle se remarque une motte...
E. Clerc avant de décrire la route de Dijon à Pontarlier par St-Jean-de-Losne fait cette remarque : C'est par cette voie que communiquait depuis Dijon, l'abbaye de St-Bénigne avec Pontarlier et celle d'Agaune à laquelle le roi Gontran l'avait unie à la fin du VIe siècle. L'itinéraire en est parfaitement tracé par la Chronique de St-Bénigne écrite vers 1050. Comme par la vie de St Anatoile (1 siècle plus tard). Or l'auteur ne connaissant pas la « vie d'Argand » a détourné notre route sur St-Jean-de-Losne au lieu de la poursuivre sur Laperrière » (Feuvrier). En 1050 meurt l'abbé de St-Etienne de Dijon qui n'est autre que Garnier de Mailly de la famille des Mailly qui possède Laperrière et pratiquement toute la route qui va de Dijon à Dole. Jean Richard (Passages de Saône) écrit : « Cette route venant de Tart était bien, elle aussi, une « voie saunière... » du moins lorsque les chanoines de St-Etienne de Dijon se furent installés à Salins, ils se préoccupèrent d'obtenir du seigneur de Mailly Foulques II,

Les archives (1419) ont restitués des débris de comptabilité de ce passage :
« Manières de payer le péage de Mailly-les-Auxonne et de Laperrière par ceux qui y mènent danrées tant par ferré que par l'eau » (fait en 1503, recopié en 1663).
Tarif :
« 1 emine grain : 1 denier
1 queue de vin : 4 deniers
1 laque de harangs blancs : 10 harangs
1 juif et une femme juif enceinte : 8 sous
1 balle de laine : 4 deniers
1 queue de miel : 4 deniers
1 homme pour un jour tant qu'il veut : 1 denier
1 homme à cheval : 2 deniers
... Et doivent ceux des quatre Maillys, de Laperrière, St-Seigne et Samerey une gerbe de blé ou d'orge pour le passage de toute 1 année ».
Quant à ceux à qui les bagages personnels ne suffisaient pas, ils devaient :
1 navoy d'une pièce : 2 deniers
1 navoy de 3 ou plusieurs pièces : 4 deniers
1 navoy haulsé (pour marchandises) : 8 deniers
1 navoy appelé charrière (pour passer bêtes et chevaux : 8 deniers.
Le lieu-dit où s'effectuait ce passage s'appelait : Le « gué ou passage ou portai ».

Les comptes annuels de 1777 à 1786 prouvent qu'il était encore fréquenté à la veille de la révolution essentiellement par des marchands allant à la foire de Chalon. Depuis la révolution toute l'énergie des habitants du lieu tendra à y construire un pont. Réclamé officiellement à partir de 1844 par la mairie des Maillys, il sera inauguré en 1904 par le sénateur Magnin ; le tracé à partir de Mailly-le-Port (sur l'ancien gué) ayant été abandonné en 1881 au profit d'un autre plus en amont, face à St-Seine-en-Bâche au grand désappointement de la municipalité de Laperrière. La commune des Maillys y a contribué pour 47.500 F et les travaux durèrent de 1900 à 1904.

DE 1870 A NOS JOURS
LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE
A St-Symphorien, Morel, maire depuis 1865 démissionne. Le 25 décembre 1870 il est remplacé par Pierre Vachet. On organise une garde nationale en prévoyant 15 tenues et 30 fusils. A Samerey, Alexandre Ferdinand Chenevoy, un moment maire, est remplacé un an plus tard par J.-Bapt. Guillemin. En octobre 1870 le maire demande qu'on lui fournisse 20 fusils pour armer la garde nationale et résister à l'invasion. A Laperrière J. Jovignot est désigné maire temporaire et proclame la République. On forme la garde nationale qui comprend Moreaux, Bergé, Jean Roquelet... Etienne Serron est nommé maire un an plus tard. A St-Seine Simon Loth dirige temporairement. En septembre 1870 une garde nationale est formée comprenant François Boileaux, Pierre Rousselet, Joseph Debruère, François Royer, Jean Souverain. Pierre Gueritée devient le maire officiel. Les Allemands sont victorieux et occupent la Côte-d'Or. Pierre Gueritée s'était plaint aux autorités qu'on ne lui communiquait pas les nouvelles du front. Il envisage une défense avec la Saône comme front et réclame des armes. Le commandant d'Auxonne lui « ordonne » en novembre 1870 de « distribuer aux francs-tireurs de sa commune les fusils des... pompiers ! » Une dépêche annonce l'arrivée de l'ennemi. On doit se résoudre à l'occupation et aux réquisitions. Un total de 8.000 francs à St-Seine, 8.158 francs à Samerey remboursés à 54 personnes. St-Symphorien devra contracter un emprunt pour payer les 11.907 francs à 21 personnes.
A Laperrière ce seront 300 kg de pain, 700 1 de vin, 800 kg de farine, 2.850 kg de viande plus de la paille, du foin et de l'avoine. Cette indemnisation pose problème. Le conseil municipal semble reprendre un vœu de « la grande majorité des particuliers qui ont subi des pertes qui prévoit que ces indemnités seront versées à l'œuvre des femmes de France », ce qui ne doit pas plaire à tout le monde et le maire Serron sera obligé de démissionner en 1874 accusé d'avoir confectionné une fausse liste... En juillet 1871 des élections complémentaires voient les républicains vainqueurs dans les 4 villages mais beaucoup se sont abstenus. Reste à donner une idéologie à cette République nouvelle et en 1876 Joigneaux, républicain de gauche, arrive en tête à Laperrière, St-Seine et Samerey ; St-Symphorien reste à droite de peu, le plus à gauche étant Samerey où la droite ne recueille que 3 voix en 1877 contre 50 à Joigneaux. On pense à entreprendre et moderniser ; en 1871 St-Symphorien émet un vœu pour la construction d'une ligne de chemin de fer Beaune-Auxonne. Deux ans plus tard, avec Laperrière et St-Seine, on réclame la construction du pont des Maillys. Laperrière protestera un peu plus tard lorsqu'il sera envisagé de le construire face à St-Seine-en-Bâche. C'est à cette époque que l'administration autorise le redémarrage des moulins sur le canal. En 1873 la municipalité de St-Symphorien vend 4 lots de terrains à construire, chacun 92 francs, à Courlot Claude, Mignot Pierre et aux frères Dominique et François Lornet. En 1874, à St-Seine, est créé une « Sté fromagerie de St-Seine » par les cultivateurs du village ; les dirigeants sont François Perrin, Jean Souverain, Jean Bertaux, cerf, François Petet, Pierre Million et Pierre Gueritée, qui durera peu... En 1876, lors du défrichement du bois des Rotures à Samerey, par le propriétaire Portalis, les habitants demandent une compensation pour le droit de parcours et rappellent le terrier de 1623. En 1878 St-Symphorien supprime le salaire du curé et envisage d'en faire autant pour l'instituteur, la commune est très endettée, elle crée une bibliothèque populaire 4 ans plus tard. En 1880 Laperrière déplace la fête patronale au premier dimanche de septembre, après les moissons. Décision sans lendemain.
En 1886, lors des élections (c'est l'époque du boulangisme), ce sont les réactionnaires que la préfecture traque. Ripart et Parent, Buralistes-receveurs à Laperrière et St-Symphorien, sont dénoncés comme réactionnaires. Etienne Goillot et Morlot, maires des deux villages, démentent les faits et se bouchent les yeux. Maillefert, receveur à St-Jean-de-Losne obtient un blâme pour les deux receveurs. Parent aurait « chanté un chant anti-républicain » ; ces deux villages votent à droite pour cette élection, les deux autres votants pour les opportunistes. Apparemment ces deux buralistes disposent de soutien dans leur commune... 1891 : St-Symphorien demande que la commune soit exemptée de la taxe foncière pour ses terrains, reprenant une revendication prônée par le « syndicat économique agricole » pour venir en aide aux petits cultivateurs. En 1892, Victor Gaumiot, maire de Samerey, signe un accord avec Bouveret, médecin à Auxonne pour 3 ans et 125 francs par an. Le médecin doit : venir chaque fois qu'on le demande, soigner gratuitement les familles indigentes, les actes sont payés 3 francs par voyage et 2 francs par visite (environ une journée de travail pour les journaliers), constater les décès et les opérations sont payées demi-tarif. En 1894, St-Seine-en-Bâche souscrit un même contrat pour 200 francs. A Laperrière on renouvellera ces contrats. 1920 le médecin est Guichard, d'Auxonne ; en 1930 il y a une visite gratuite pour les pauvres le mercredi. Les communes établissent en outre des listes d'indigents qui disposent de l'assistance médicale gratuite. En général de 5 à 10 personnes par commune au maximum... des vieux souvent...
1892 : les communes votent une subvention pour le centenaire de la République.
1896 : Laperrière vote 20 F pour le logement des « voyageurs indigents ».
1897 : Samerey vote 25 F à la « Sté Union Amicale de Samerey » et émet un avis favorable à la création d'un marché aux bestiaux.
En 1894 avait eu lieu la réception du cimetière dont la construction avait été décidée deux ans plus tôt.
En 1900, à Laperrière, Claude Dumas, Auguste Gueritée et Louis Capitain sont les vainqueurs d'un concours de greffage. Des démonstrations de culture du blé ont lieu à St-Seine et St-Symphorien ainsi que des essais de variétés et d'engrais.
1903 : la séparation de l'église et de l'État n'est pas loin. Une polémique s'installe dans les journaux lors de l'enterrement civil de la veuve Chaube, dont le mari avait été déporté en 1852. C'est la Libre Pensée qui a organisé la cérémonie à St-Symphorien, au grand désappointement du curé et de certains habitants. A Laperrière, une conférence horticole sert de prétexte à Vercier, qui est professeur, à la création d'un syndicat agricole. Le sénateur Magnin en est président d'honneur, Martial Faivre le président et Achille Pain le vice-Président. Cette année-là, St-Seine inaugure un monument élevé en l'honneur du lieutenant Berger tué à Madagascar en 1897. Le sénateur Ricard y préside.
En 1904 le sénateur Magnin inaugure le pont des Maillys. Un grand banquet et un bal sur les bords de la Saône rassemble les autorités de la circonscription, tandis que bateaux à vapeur brillamment pavoisés, font la navette entre Auxonne et St-Jean-de-Losne.
En 1905 c'est la séparation de l'église et de l'État. Lors des inventaires, un an plus tard, des églises les prêtres sont absents et protestent. Le maire de St-Symphorien semble avoir voulu démissionner pour protester contre cette loi et maintient le salaire du curé, ce qui est contraire aux nouveaux accords.
En 1907 une bagarre à Samerey éclate à la suite d'un incendie chez Chenevoy. On accuse un habitant du village qui se divise en deux camps. 50 personnes en viennent aux mains, autant dire le pays entier. La justice devra trancher. Des élections municipales ont lieu en 1908. Une violente polémique éclate entre deux listes ; les sortants sont réélus, les opposants auraient porté sur leur liste des personnes qui n'auraient pas été prévenues et qui se désolidarisent d'eux. C'est que le village est trop petit pour fournir deux listes d'une dizaine de conseillers. « Le Rappel Socialiste » signale une conférence tenue à la mairie de Laperrière, conférence anticléricale à laquelle auraient participé 200 personnes, donnée par Buguet et Lorimier, conférence continuée « plus intimement » au café Chenevoy où l'on aurait chanté « la Marseillaise » et « l'Internationale ». Une « vieille bigote » les aurait insultés.
En 1908 c'est à Laperrière qu'une polémique oppose Pain et Jules Fleuret. On mélange des problèmes d'affouage, de séparation de l'église et de l'État et plus tard, en 1910, d'indemnisations à la suite de grêle, si bien qu'on peu lire dans les journaux : « Fleuret, ancien maire de Laperrière, Lapostolle, maire de St-Symphorien et Petet, maire de St-Seine protestent contre l'utilisation de leur nom faite par le maire de Laperrière lors d'élections : ils n'ont jamais fait partie d'une commission devant établir une liste de nécessiteux ».
En 1909 : une publicité paraît dans les journaux et annonce la création d'une ligne de bus passant d'Auxonne à St-Jean-de-Losne.
En 1912 : une campagne de dératisation à St-Seine et St-Symphorien « où en certains endroits du territoire on abandonne la récolte » tant ils font de dégâts.
En 1914 les quatre maires Faivre, Petet, Chenevoy et Lapostolle font partie du comité de soutien de Camuzet lors des élections ; c'est un ancien socialiste passé au centre gauche. C'est la guerre, le maire de St-Symphorien est mobilisé de même que la plupart des hommes. Les femmes feront tourner les fermes.
En 1915 Samerey ne trouve pas de bûcheron pour couper l'affouage qui est donc partagé sur pied, la municipalité achète 9 couvertures pour l'armée. Il n'y a plus de naissance et la population diminuera après la guerre. Les monuments aux morts comptabilisent 19 morts à Laperrière, 13 à St-Seine, 10 à Samerey et 14 à St-Symphorien.
1919, la victoire : les villages organisent des réjouissances. Des bals et banquets, joie qui n'est pas partagée par tous et le maire de St-Seine, Petet, se plaint : « Si j'ai refusé la cocarde... c'était une réponse à l'inqualifiable conduite des jeunes meneurs, de ceux qui ont empêché leurs camarades de se rendre à la cérémonie de remise des diplômes le 2 novembre... Si les morts parlaient ils diraient que ce n'est point en dansant qu'on honore leur mémoire »...! A partir de cette époque les villages vont se transformer et l'exode rural s'accentue. Les petits agriculteurs et manouvriers disparaissent, et si la crise de 1929 en fait des chômeurs, ils sont chômeurs de l'industrie et non de l'agriculture. Le parti agraire aura de l'importance, surtout à Laperrière et St-Symphorien, tandis que Samerey donne la majorité au front populaire. C'est l'époque de l'électrification.
En 1929 St-Seine nomme un adjoint spécial pour St-François.
En 1931 Samerey installe l'électricité et proteste auprès de Rameau le propriétaire de l'étang de Laillon, à propos du droit de vaine pâture.
En 1935 St-Symphorien rétabli une garderie d'enfants qui sera supprimée en 1939.
En 1938 St-Seine réserve un de ses terrains pour le sport. Samerey en fera autant en 1943. Puis c'est la seconde guerre mondiale, la défaite et l'occupation. Le pont des Maillys a été détruit, il sera reconstruit après la guerre. Les Allemands s'installent dans les mairies. La Saône sert de frontière entre la France et une zone allant jusqu'au Doubs où se situe la ligne de démarcation, traité de Verdun de 843 oblige !...
En 1940, le maire Faivre de Laperrière, avait démissionné et avait été remplacé par une délégation spéciale sous la présidence de Jean Pertuy. Comme les autres villages les municipalités subventionnent en 1940 et 1941 des colis pour les prisonniers et organisent le système des cartes de ravitaillement. Comme partout après 1942, la résistance s'organise et en 1943 et 44 auront lieu des parachutages d'armes à la Bussière et St-Francois pour le compte d'un marquis de Champvans entre autre. Il y a un maquis dans la forêt du Pochon vers Françeau. Des sabotages des écluses du canal du Rhône au Rhin en 1944 et une attaque d'un convoi allemand entre Laperrière et St-Jean-de-Losne.
En septembre 44 les Allemands repartent. Un mois plus tard Laperrière vote 500 francs au « comité franco américain » pour le monument de la paix, tandis que Samerey vote 500 francs chacun aux prisonniers rentrés au pays : Justin Chenevoy et Valentin Clément. St-Seine compte un déporté.

TRANSPORTS
En 1861 Marey-Monge, lors d'élections, soutien la création d'une ligne de chemin de fer Dole-Chalon longeant la Saône. Dix ans plus tard la commune émet un vœu pour une ligne Auxonne-Beaune.
En 1861 Laperrière rejette un projet de chemin de fer vicinal allant aux Maillys pour des problèmes de financement.
En 1894 les communes demandent qu'on augmente les navettes St-Jean-Dijon sur la ligne qui vient d'être ouverte.
En 1892 Samerey vote en faveur d'un tramway Beaune-St-Jean puis en 1908 d'une ligne Dole-Seurre et offre 1.500 francs de subvention si une gare est construite à l'Abergement-la-Ronce, le plus près possible de Samerey.
En 1901 Laperrière émet un avis favorable en faveur d'un projet de tramway Gray-Dole, prolongé d'Auxonne à Dole puis un projet Beaune-Dole en 1904, projets qui dureront jusqu'à la guerre de 14-18, en vain. Et à partir de 1909 la Société des messageries automobile de Bourgogne organise une ligne de bus Auxonne-St-Jean-de-Losne et deux horaires : un le matin et un l'après-midi. Il en coûte 0,90 F pour Auxonne-St-Seine et 1,35 F pour Auxonne-St-Symphorien. Laperrière et St-Seine subventionnent, le premier construit un abri. St-Symphorien refuse, préférant encore le tramway qui ne viendra jamais. Les bus avaient encore trois horaires dans les années 1960.

TÉLÉPHONE
En 1901 St-Symphorien demande le raccordement du téléphone ce qui est accordé, la commune s'engageant à entretenir une cabine et une personne pour porter les télégrammes. Un an plus tard il est installé et le gérant de la cabine reçoit 70 F de gages.
Entre 1906 et 1908 les trois autres villages l'installent dans les mêmes conditions. Longtemps il n'y aura que les cabines et quelques personnes. Ce n'est que dans les années 1970 qu'il commence à se généraliser (en 1974 il n'y avait encore que 13 postes à St-Symphorien, 2 à Samerey, 7 à St-Seine et 11 à Laperrière).

ÉLECTRICITÉ
En 1913-1914, la Compagnie électrique du moulin de St-Vit ou « Sté d'électricité de Franche-Comté » se voit confier la concession de la distribution, en général pour 25 ans, par les villages sauf Samerey. La guerre retarde les travaux qui reprennent en 1919 date d'installation de l'éclairage de l'école de Laperrière. En 1928 St-Seine prend la résolution pour l’électrification de St-François qui ne se fera qu'après la guerre.
En 1927 Samerey fait appel à la Sté Dijonnaise d'Électricité mais ce n'est qu'en 1930 que la municipalité fait appel à la même société qui a équipé les autres villages et demande une subvention. Un projet prévoit qu'il coûtera 76.000 francs et en 1931 la commune vote 11.709 francs pour cette électrification.
En 1934 la société change de nom et devient la « Société des Forces Motrices de la Loue ».
En 1950, après la nationalisation et la création d'E.D.F., les communes adhèrent au Syndicat Intercommunal de la Côte-d'Or. Quelques années plus tard le 110 volts sera remplacé par le 220.

EAU
En 1948 se constitue le syndicat intercommunal d'adduction d'eau comprenant les quatre communes. Samerey, peu après, se retire puis revient. Ce n'est qu'à partir de 1962 pour Laperrière, le château d'eau de St-Seine datant de 1965, que l'eau coule sur les éviers, auparavant elle était tirée de puits communaux ou particuliers par des pompes à bras.

CHASSE
Le droit de chasser dans les bois au 19e siècle était loué en général à des notables ou riches. Les Lamy par exemple, à St-Seine, Claude Boitet, un ex-notaire à St-Symphorien qui, en 1897 demande l'autorisation d'inviter 4 personnes, organisation qui se transforme au début du 20e siècle. Ainsi, en 1905, à St-Symphorien, la chasse étant difficilement louable, il n'y a plus de gibier. On la réserve aux habitants seuls « à l'exclusion des étrangers » pour 10 F par an pour les bois et 2 F pour les pâtis communaux. En 1906 cette organisation est renouvelée pour 9 ans.
En 1913 à St-Seine-en-Bâche : « Considérant qu'il est impossible de louer la chasse des bois », on se décide : vendre ce droit aux habitants par achat de cartes : 6 F pour les habitants de la commune et 10 F pour les chasseurs étrangers. Plus tard on interdira les étrangers sauf sur invitation dans certaines conditions. Base de l'organisation qui existe encore. Il en est de même à Samerey depuis 1908, où il en coûtait 6 F pour les chasseurs du village et 10 F pour les étrangers et Laperrière.

PÊCHE
Au 19e siècle certains particuliers demandent l'autorisation de posséder des viviers dans le canal et la Saône. Il existe même de véritables semi-professionnels.
Au 20e siècle est créée une société de pêche à St-Symphorien qui vend des cartes de pêche et procède à des alevinages. Elle organise tous les ans un concours, le 14 juillet dans le canal.

FÊTE PATRONALE
Durant le 19e siècle les communes louent à certains, en général des tenanciers de cafés, le droit de « tenir le bal et les jeux de la fête patronale ». Ainsi à Laperrière, en 1866, cette location rapporte 130 F.
Au 20e siècle arrivent les bals montés : bal Amiot de Bonnencontre loué en 1919 par St-Symphorien pour fêter la victoire ; bal Garaudet à St-Jean-de-Losne à partir des années 30. La tradition veut que les conscrits passent la veille et affichent un saint sur chaque porte des logements habités. La fête dure deux jours, le dimanche et le lundi et dans le meilleur des cas il y avait un manège, le bal, un marchand de nougats et un tir. Celles de St-Seine et Samerey ont disparu. C'était l'une des plus importantes manifestations de la vie des villages.
 
SOURCES:  Extraits des tomes I et II de Villages d’Outre-Saône - Serge Chenevoy
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